Confidentialité

Un soin tout particulier a été apporté au projet Gazel pour veiller au respect de la confidentialité absolue des données individuelles, mais aussi aux aspects éthiques vis-à-vis des participants. Le projet Gazel a reçu l'accord de la Commission Nationale Informatique et Libertés (Cnil), du Conseil National de l'Ordre des Médecins et du Comité Consultatif National d'Éthique pour les Sciences de la Vie et de la Santé.

Le respect d'une confidentialité absolue a imposé la conception et la réalisation de circuits de collecte et de gestion des données individuelles des volontaires de la cohorte Gazel garantissant l'impossibilité à toute personne physique, quelle qu'elle soit, d'accéder de façon nominative (directe ou indirecte) à d'autres données que celles qu'elle a elle-même fournies. Le projet Gazel a reçu un avis favorable de la Cnil. La base de données Gazel est gérée par l’Unité « Cohortes épidémiologiques en population » de l’Inserm.

Le cœur du dispositif de confidentialité et de sécurité des données des volontaires repose sur l'existence d'un fichier de correspondance entre l'identité des volontaires et un numéro d'anonymat appelé « numéro de cohorte permanent » ou NCP. A l’origine, ce fichier a été constitué et géré par le service en charge de la médecine du travail des entreprises EDF et GDF : le Service Central d'Appui en Santé au Travail (SCAST). Ce service, bien entendu astreint au secret médical et statistique, jouait le rôle de « tiers de confiance ». Tous les volontaires étant maintenant retraités, ils n’ont plus de lien avec la médecine du travail de l’entreprise et un nouveau tiers de confiance (indépendant de l’entreprise et de l’Inserm) a succédé au SCAST. C’est la Caisse nationale de retraite des industries électriques et gazières (CNIEG), organisme chargé du versement des pensions de retraite des agents d’ex-EDF-GDF, qui met désormais à jour chaque année le fichier des volontaires éligibles.

Depuis l’origine en 1989 et jusqu’en 2024, le dispositif de Gazel impliquait diverses sources de données concernant les volontaires. Tant qu’il restait des participants en activité, l'Inserm recevait des données de divers services d'EDF et GDF ; ces flux n’existent plus aujourd’hui. A l’occasion de campagnes d'examens qui ont été réalisés dans les Centres d'Examens de Santé, une biobanque a été constituée, initialement gérée par le Centre de ressources biologiques (CRB) de Dijon. Au sein de la biobanque, les échantillons des volontaires sont identifiés sous un numéro non identifiant spécifique de la biobanque ; l’Inserm a créé un fichier de correspondance entre ces numéros et les NCP.

Depuis 2010, la cohorte est appariée annuellement au Système national des données de santé (SNDS) géré par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Les données extraites du SNDS sont gérées au Centre d'accès sécurisé aux données (CASD), où elles sont envoyées directement par la CNAM dans les « bulles » sécurisées de Gazel. L’appariement de la cohorte au SNDS est donc réalisé au sein du système d’information du CASD, offrant des conditions de confidentialité et de sécurité optimales.

Jusqu’en 2024, un questionnaire de suivi était envoyé annuellement aux volontaires. Pour cela, la CNIEG mettait à jour leurs adresses et créait un fichier associant NCP et coordonnées des agents. Ce fichier était ensuite transmis, via un tiers de confiance, à un imprimeur-routeur chargé d’imprimer et d’envoyer les questionnaires par voie postale. Les questionnaires comportaient uniquement les NCP des volontaires pré-imprimés, sans aucune information identifiante. Une fois leur questionnaire rempli, les volontaires l'adressaient pour saisie à l’Imprimerie nationale. Les données saisies étaient ensuite envoyées à l’Inserm.

Dans la base de données Gazel, les informations concernant les volontaires sont identifiées uniquement par le NCP. Ainsi, la CNIEG et le tiers de confiance possèdent l'identification des volontaires, mais ne peuvent avoir accès aux données les concernant ; l'Inserm connaît les données, mais ne peut avoir accès à l'identification des sujets.

À partir de 2025, des changements importants sont survenus : arrêt de l’envoi d’un questionnaire de suivi annuel et qualification de Gazel en tant qu’Entrepôt de données de santé. Ces évolutions ont évidemment modifié le circuit et le stockage des données.

  • Seuls deux flux de données subsistent : l’appariement annuel avec le SNDS réalisé par la CNAM, et la mise à jour des adresses fournie par la CNIEG, et leur géocodage.
  • L’ensemble de la base de données (et non plus seulement les données issues du SNDS) est désormais hébergée au CASD dans une « bulle » dédiée : les chercheurs doivent désormais réaliser les analyses pour leurs projets au sein de cette bulle, ce qui assure une sécurité maximale.
  • La biobanque est désormais hébergée au Centre d’étude du polymorphisme humain (CEPH).
L'étude épidémiologique de la cohorte Gazel repose sur le volontariat librement consenti des personnes qui acceptent d'y participer. Elle est purement « observationnelle » et ne comporte aucune intervention ou expérimentation auprès des participants. Malgré cela, divers aspects relevant de l'éthique de la recherche sont présents dans le projet Gazel. Ils sont liés au fait que l'ensemble du projet repose sur la participation des volontaires et la fourniture de données par de nombreux partenaires ; c’est pourquoi il est nécessaire de veiller à une utilisation de ces données respectant les intérêts de chacun, et à un retour d'information suffisant. Diverses structures et activités ont été mises en place à cet effet.


Retour d'information

Organiser un retour d'information suffisant permet d'obtenir une meilleure adhésion des volontaires de la cohorte Gazel et des différents partenaires de celle-ci, tout au long du suivi. C'est aussi une obligation éthique vis-à-vis des participants.
Outre les traditionnelles publications scientifiques (revues, congrès, etc.) portant sur les résultats d’études épidémiologiques réalisées par les chercheurs associés à la cohorte Gazel, diverses publications régulières sont spécifiquement orientées vers les partenaires du projet :
  • Le journal de la cohorte, publié deux fois par an pendant 30 ans, est devenu annuel de 2019 à 2025. Il a été adressé aux 20 000 volontaires participant à la cohorte. Ce journal contenait des nouvelles régulières des divers aspects du projet (résultats, nouveaux projets, courrier des lecteurs, etc.). En parallèle de l’arrêt du questionnaire annuel de suivi, la parution du journal Gazel a cessé en 2025.
  • Chaque année était éditée une brochure intitulée « La Cohorte des 20 000 Volontaires : Année i » (fichier téléchargeable au format PDF pour les années les plus récentes). Elle présentait des résultats descriptifs détaillés à partir des données de l'année. La parution de ce rapport annuel a également cessé en 2025.
  • Le site de Gazel continue à présenter les nouveaux projets et des résultats des recherches dans la cohorte.
L'ensemble du dispositif a été soumis pour autorisation ou avis à diverses instances nationales.

La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL), conformément à la loi, a été saisie du projet avant le lancement du projet Gazel. Tenant compte des dispositifs techniques et organisationnels proposés, la CNIL a donné un avis favorable (Avis numéro 105.728 en date du 28/4/1988) ; elle a d'ailleurs considéré que les dispositifs prévus pour assurer la confidentialité des données et du secret médical étaient suffisamment satisfaisants pour citer le projet comme « exemplaire » dans son rapport d'activité de 19811. En plus du dossier présenté initialement, la CNIL a été saisie pour obtenir l'autorisation d'extensions ultérieures du système de recueil et de gestion des données : accès aux causes médicales de décès auprès du service compétent de l'INSERM (avis favorable du 16/04/92) ; mise en place du circuit impliquant les CMCAS et les Centres d'Examens de Santé de la Sécurité Sociale, et permettant la constitution de la Banque de Matériel Biologique (avis favorable du 21/12/1993 et du 22/10/1999) ; recueil des motifs d'hospitalisation des agents volontaires (avis favorable du 24/11/1997) ; appariement avec le SNIIRAM (autorisation du 16 mars 2010).

Avant la mise en place de la cohorte Gazel, le Conseil National de l'Ordre des Médecins (pour les aspects concernant la déontologie et le respect du secret médical), et le Comité Consultatif National d'Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé (pour les aspects éthiques), ont également été consultés et ont donné, eux aussi, un avis favorable au projet. Ces deux instances ont ultérieurement été informées des extensions citées plus haut, en parallèle à la CNIL.

Ces autorisations et avis concernent le fonctionnement «de routine» de la cohorte Gazel. Par ailleurs, tous les projets de recherche spécifiques associés à la cohorte font également, sous l'autorité de leur responsable, l'objet d'un dossier qui est soumis aux instances compétentes, selon la nature et les procédures particulières envoyées (CNIL, Comité d'Ethique, etc.), préalablement à leur mise en oeuvre.

1)Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, 9ème Rapport d'Activité, 1988, Paris, La Documentation Française, pp. 158-159.